MALRAUX écrit un roman d’aventures qui sert de prétexte à montrer sa vision nihiliste, noire de la vie. Deux aventuriers se rencontrent sur un bateau et décident d’emprunter la Voie Royale (en Asie route qui reliait Anghor et les lacs au bassin de la Menam) aussi importante jadis que la route du Rhône au Rhin au Moyen Age pour retrouver des Temples et un homme disparu.
Claude et Perken prennent la route dans un pays hostiles et malgré l’interdit administratif. Ils voyageront ensemble pour des motifs très différents. Claude VANNEC est un jeune breton qui se veut connaisseur en archéologie mais qui est surtout vénal et Perken est un vieux danois d’origine allemande qui veut retrouver un certain Grabot aventurier disparut mais qui nourrit aussi l’illusion de construire un royaume à la façon de l’homme qui voulut être Roi de KIPLING.
Nous assistons à un voyage initiatique, à une réflexion sur le but de la vie, sur la mort. Un roman noir, nous qui dépeint un monde absurde, sans espoir.
« On ne pense pas sans danger contre la masse des hommes ».
« Se refuser sans réserve au monde, c’est toujours se faire souffrir terriblement pour se prouver sa force. Il y a dans tout cela un mensonge , orgueil primitif, mais à quoi la vie et pas mal de souffrance ont fini par donner une forme… »
« Vous savez aussi bien que moi que la vie n’a aucun sens : à vivre seul on n’échappe guère à la préoccupation de son destin…La mort est là, comprenez-vous, comme l’irréfutable preuve de l’absurdité de la vie… »
« Ce n’est pas pour mourir que je pense à ma mort, c’est pour vivre ».
« Il y avait des hommes sur la terre, et ils croyaient à leurs passions, à leurs douleurs, à leur existence : insectes sous les feuilles, multitudes sous la voûte de la mort ».